La lumière filtrant à travers les feuillages dansait sur le sol de la forêt, mais Sirius ne la remarquait pas. Ses pas lourds s'enfonçaient dans le sentier terreux, tandis que son esprit ressassait les derniers événements. Le visage tendu de son père, cette insistance désespérée, et cet inconnu encapuchonné... Rien ne faisait sens.

Il s’arrêta, essoufflé. Sa hache, solidement accrochée à son dos, pesait plus lourd qu’à l’accoutumée. La forêt, habituellement apaisante, semblait l’écraser. Des pensées contradictoires l’assaillaient : pourquoi avait-il obéi si rapidement ? Avait-il abandonné son père en danger ?

Sirius serra les poings et pivota.

— Je dois retourner au village, murmura-t-il, la mâchoire crispée.

Ses pas, cette fois, étaient plus rapides. Un étrange silence régnait dans la forêt, seulement troublé par le bruit de son souffle et le craquement des brindilles sous ses bottes. Une odeur lointaine lui parvint, âcre et familière, celle du bois brûlé. L’air semblait plus lourd, presque oppressant.

Lorsqu’il atteignit la lisière du bois et aperçut le village, son cœur se serra.

Des colonnes de fumée noire s’élevaient là où autrefois s’étendaient les toits familiers de Clairval. La place centrale, autrefois animée par les rires et les échanges, n’était plus qu’un amas de cendres et de débris. Sirius, figé, tenta de trouver une explication.

Il avança lentement, presque mécaniquement, jusqu’à ce qui restait de sa maison. Les murs n’étaient plus que des squelettes calcinés, et le bois de la charpente continuait de fumer.

Une rage sourde montait en lui, mêlée à une douleur viscérale. Il fouilla frénétiquement les décombres, espérant un signe, un indice, un miracle. Mais il ne trouva rien. Pas de corps, pas de survivants. Tout avait été balayé.

Au centre du village, un panneau restait miraculeusement intact, cloué sur le tableau d’affichage. L’inscription était écrite en lettres grossières, mais son contenu était glaçant :

"Voici le sort réservé à ceux qui défient la volonté de Lord Arkan. Que cela serve d’exemple."

Sirius lut et relut les mots, les lèvres tremblantes. Ce n’était pas seulement un avertissement, c’était une sentence. Ses mains se crispèrent sur la pancarte, comme s’il voulait l’arracher, la détruire, mais il n’en fit rien.

Un éclat au sol attira son attention. Parmi les cendres, il trouva une médaille gravée au nom de son père. Il l’agrippa avec force, ses yeux brûlants de larmes qu’il refusait de laisser couler.

Un cri s’échappa de ses lèvres, un cri de rage et de désespoir qui se perdit dans le silence morbide des ruines.

La nuit tomba sur Clairval, mais Sirius ne bougea pas. Assis au milieu des cendres, il tenait la médaille dans sa main. Les flammes de sa colère illuminaient son esprit. Une promesse silencieuse se forma en lui : il retrouverait celui qui avait fait cela. Lord Arkan paierait.

Mais pour l’instant, il était seul, perdu, et le monde entier semblait s’effondrer autour de lui.

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