Le vent soufflait fort dans les ruines de Clairval, faisant danser des cendres autour de Sirius. Le silence pesant n'était interrompu que par le crépitement des débris encore fumants. La pancarte sinistre, clouée au tableau d’affichage, continuait d’émettre une menace muette : "Voici le sort réservé à ceux qui défient la volonté de Lord Arkan."

Sirius, les muscles tendus et le cœur lourd, errait parmi les décombres. À chaque pas, il espérait trouver un signe de vie, un vestige de ce qui avait été son village. Il s’arrêta près des restes de l’atelier de menuiserie, où il avait passé tant d'heures à façonner des meubles pour ses voisins. Il posa une main sur un morceau de bois calciné, les souvenirs l’assaillant.

Un bruit sourd le fit sursauter. Il se retourna brusquement, sa hache en main. Un gémissement venait d’un tas de débris. Sirius s’approcha avec précaution et écarta les morceaux de bois brûlés. Là, recroquevillé sous une poutre effondrée, se trouvait un vieil homme.

— Par les dieux, vous êtes en vie, murmura Sirius en aidant l’homme à se relever.

Le vieillard, un ancien forgeron du village, le regarda avec des yeux emplis de larmes et de douleur.

— Sirius… Je pensais que plus personne ne reviendrait, dit-il d'une voix tremblante.

Sirius l’aida à s’asseoir sur un rocher. Le vieillard raconta alors ce qu’il avait vu : l’arrivée des soldats, leur proclamation que la magie devait être éradiquée, et leur menace envers le village. Personne ne s'était dénoncé comme magicien, alors les soldats avaient mis Clairval à feu et à sang.

— Ils disaient que notre village abritait un praticien de magie. Nous n’avons jamais rien vu de tel ici… Tout le monde est mort pour une accusation vide, finit-il, le regard perdu.

Le vieillard tourna la tête vers une vieille forge à moitié effondrée.

— Attends ici.