La faim le tenaillait. Elle s'insinuait lentement, transformant une gêne en un besoin dévorant. Le ventre de Marvin grogna pour la énième fois, un rappel brutal qu’il ne pouvait plus ignorer. Il jeta un coup d’œil à son sac : quelques biscuits écrasés et une boîte de conserve. C’était tout ce qu’il lui restait des débris du Lone Star.
Mais ce n’était pas seulement la faim. Ses lèvres étaient sèches, sa gorge brûlante. La gourde qu’il avait récupérée était presque vide. Il devait trouver de l’eau. Bientôt.
Debout sur la plage, il leva les yeux vers la forêt dense qui s’étendait devant lui. Les arbres, hauts et serrés, formaient un mur impénétrable. Derrière ce rempart végétal se cachait peut-être la réponse à ses besoins… ou de nouveaux dangers.
Marvin inspira profondément avant de continuer à avancer.
La forêt l’accueillit avec un silence oppressant. Chaque pas faisait craquer des branches mortes et bruissait des feuilles, brisant la quiétude autour de lui. Le soleil, voilé par le feuillage épais, baignait l’endroit d’une lumière verdâtre et froide.
Il avançait prudemment, ses sens en alerte. Chaque ombre semblait mouvante, chaque bruit amplifié. Une branche craqua soudain à sa droite. Marvin se figea, son cœur s’accélérant. Il scruta les environs, mais il n’y avait rien. Juste le vent.
Pourtant, une sensation persistante de surveillance ne le quittait pas.
Après une heure de marche, il trouva une clairière. Au centre, un buisson de baies sauvages attirait son attention. Les fruits rouges étaient tentants, mais Marvin hésita. Il se rappela que les fruits les plus vifs peuvent être les plus mortels.
Il observa les baies un moment avant de décider qu’il ne prendrait pas le risque. La faim attendrait encore.
Mais alors qu’il se relevait, un grondement sourd fit écho dans la clairière. Marvin tourna lentement la tête.
À quelques mètres de lui, une silhouette émergea des ombres. Une créature massive, un prédateur qu’il ne put identifier sur le coup, se tenait là. Ses yeux jaunes brillaient d’une faim presque animale. Sa silhouette massive se détachait dans la pénombre, et Marvin distingua des crocs étincelants quand elle grogna.
Marvin sentit son estomac se nouer. Il recula lentement, ramassant une branche épaisse au sol. Elle n’était pas une arme idéale, mais c’était mieux que rien.
La créature grogna à nouveau, avançant d’un pas lourd.
— Du calme, marmonna Marvin, plus pour lui-même que pour l’animal.
Quand le prédateur bondit, Marvin agit par instinct. Il balança la branche de toutes ses forces, frappant la bête sur le flanc. Elle recula avec un cri de douleur, mais ne s’enfuit pas. Ses mouvements étaient plus prudents, plus calculés.
Marvin comprit qu’il ne gagnerait pas cette confrontation. Il recula lentement vers la forêt, gardant la branche levée. Après un long moment d’hésitation, la bête s’éloigna dans l’ombre, comme si elle décidait qu’il ne valait pas l’effort.
Marvin s’effondra au sol, le souffle court, ses mains tremblant encore.
Le choc passé, la soif reprit le dessus. Son corps réclamait de l’eau, et il savait qu’il ne pouvait plus attendre.
Il se remit debout, ses jambes encore faibles. En tendant l’oreille, il distingua un bruit lointain : un murmure, presque imperceptible. Le son de l’eau qui coule.
Il suivit le bruit, chaque pas devenant une épreuve. Ses vêtements étaient collés à sa peau par la sueur, et sa tête tournait légèrement.
Enfin, il atteignit un ruisseau clair qui serpentait entre les rochers. Marvin tomba à genoux, plongeant ses mains dans l’eau fraîche. Il but à grandes gorgées, savourant la sensation de la vie qui revenait peu à peu en lui.
Alors qu’il reprenait son souffle, il observa les environs. La forêt semblait moins hostile ici, presque paisible. Mais il savait que ce n’était qu’une façade.