Le ruisseau serpentait à travers la forêt dense, ses eaux cristallines glissant sur des pierres moussues. Marvin marchait lentement, ses bottes écrasant les feuilles humides. La fraîcheur de l’eau qu’il avait bue apaisait sa gorge sèche, mais son esprit restait troublé. Chaque pas semblait l’emmener plus profondément dans un territoire qui n’avait rien de familier.
Les arbres semblaient grandir autour de lui, leurs troncs imposants et leurs branches tordues filtrant la lumière du soleil en une teinte verdâtre et froide. Il s’arrêta un instant pour reprendre son souffle et écouta. Pas un bruit, si ce n’est celui du ruisseau et le craquement occasionnel de branches sous ses pieds.
Marvin inspira profondément et continua à avancer.
Après une heure de marche, le ruisseau le mena à une clairière. En son centre, une structure imposante et étrange se dressait, brisant l’uniformité naturelle du paysage.
C’était une sorte d’autel en pierre, usé par le temps, recouvert de symboles gravés. Marvin s’approcha avec prudence, posant une main sur la surface rugueuse. Le contact froid de la pierre lui envoya un frisson dans la nuque. Les symboles, bien qu’érodés, étaient complexes et entrelacés. Ils semblaient raconter une histoire, mais dans une langue ou un style qu’il ne reconnaissait pas.
Au pied de l’autel, des fragments de ce qui ressemblait à des offrandes étaient éparpillés : des morceaux de poterie, des ossements blanchis et des pierres polies disposées en motifs géométriques.
— Qu’est-ce que c’est que cet endroit ? murmura-t-il pour lui-même.
Il fit le tour de la structure, s’attardant sur chaque gravure. Certaines représentaient des figures humanoïdes, d’autres des animaux ou des créatures qu’il ne pouvait identifier. Une scène en particulier attira son attention : une silhouette seule, les bras levés vers un cercle lumineux, entourée d’ombres menaçantes.
Alors qu’il se concentrait sur cette image, un murmure léger brisa le silence.
— Marvin...
Il se redressa brusquement, le cœur battant.
— Il y a quelqu’un ? lança-t-il, sa voix résonnant dans la clairière.
Le murmure revint, plus insistant cette fois.
— Marvin…
Le son semblait venir de nulle part et de partout à la fois.
Il fit un pas en arrière, observant les environs avec méfiance. Mais rien ne bougeait, sauf les feuilles caressées par le vent.